Augmentation des départs vers la maladie et l’invalidité : un constat juste mais une solution à côté de la plaque de la ministre De Block !

Posté le 28 Octobre 2016 dans Les Communiqués , National , Santé/Recherche


Le nombre de travailleurs en maladie/invalidité est en hausse (346.971 personnes au 31 décembre 2015, une augmentation de 7,9% en un an), c’est un fait et des solutions doivent être trouvées afin de freiner cette progression. Pour Catherine Fonck, députée fédérale et cheffe de groupe cdH à la Chambre, ces chiffres ne sont pas étonnants et ne feront qu’augmenter, compte tenu des décisions du gouvernement fédéral notamment pour ce qui concerne le relèvement de l’âge de départ à la pension et le durcissement des conditions de départ à la pension.


Dans ce cadre, pour la députée humaniste, la proposition de la Ministre de la Santé d’augmenter la contribution des employeurs au paiement des indemnités de maladie est une solution bête et méchante, court-termiste et purement budgétaire.

En effet, cette décision :

1.   entraînera une augmentation du coût du travail à charge des employeurs ;

2.   n’empêchera absolument pas les travailleurs de partir en maladie-invalidité ;

3.  freinera fortement les possibilités d’engagement de personnes ayant été lourdement malades et qui veulent pourtant revenir au travail. Quelle entreprise voudra encore demain engager une personne qui a souffert par exemple d'un cancer et qui veut reprendre le travail? L'entreprise se dira que si la personne fait une rechute, cela lui coûtera cher... et elle ne prendra pas le risque de l’engager.

Personne ne tirera un avantage d’un tel système. Ce ne sera positif ni pour la remise au travail des personnes malades, ni pour résoudre la problématique des fins de carrière où les départs vers la maladie, l’invalidité sont conséquents, ni pour la compétitivité des entreprises.

De nombreuses entreprises ont mis en place une politique de bien-être au travail et elles doivent être encouragées à intensifier cette politique qui effectivement est de nature à éviter un certain nombre de départ en maladie- invalidité.

Pour Catherine Fonck, d’autres solutions sont possibles pour endiguer cette hausse des départs vers la maladie, l’invalidité :

1. de nombreuses entreprises ont mis en place une politique de bien-être au travail et elles doivent être encouragées à intensifier cette politique qui effectivement est de nature à éviter un certain nombre de départ maladie- invalidité ;

2. la remise au travail est importante, pour le travailleur comme pour l’employeur. Mais elle ne fonctionnera que si elle est réalisée de manière volontaire et sans sanctions, soit l’inverse de ce qu’a décidé le gouvernement. Un accompagnement plus intensif avec des formules particulières de retour au travail doivent être mises en place (horaires,…)  ;

3. une vraie politique d’aménagement qualitatif et quantitatif des fins de carrière doit enfin voir le jour. Or le gouvernement ne fait que durcir l’accès à la pension sans prendre en considération ces aménagements de fins de carrière et sans avancer sur les métiers pénibles ;

Un exemple flagrant est celui des infirmiers et des soignants. Compte-tenu de la pénibilité de leur métier, ceux-ci pouvaient bénéficier de régimes particuliers en fin de carrière[1][1]. Or le gouvernement vient de décider lors de la confection du budget 2017 d’augmenter de 5 ans l’âge initial pour pouvoir bénéficier de ce régime, en passant de 45 à 50 ans. Et pour le personnel non-soignant (techniciens en laboratoire, en imagerie médicale, éducateurs notamment en milieu psychiatrique,…), ces régimes particuliers sont purement et simplement supprimés.

Pour Catherine Fonck, ces solutions de court-terme qui rapporteront quelques euros au budget de l’Etat (et encore…) sont contre-productives et donc vouées à l’échec car elles pénalisent tout le monde, travailleurs et employeurs, et ne résolvent en rien le problème de l’explosion des départs en maladie-invalidité. Il est temps que ce gouvernement se dote d’une réelle vision efficace sur le long terme, qui tienne en même temps compte de l’équilibre indispensable entre la vie professionnelle et la vie familiale, de l’évolution des carrières et des aléas de santé, au lieu de prendre des décisions à l’emporte-pièce au gré des trous budgétaires qu’il doit combler…


[1] Les aménagements de fin de carrière pour les infirmiers, en termes de réduction de temps de travail, étaient prévus comme suit :
  • 96 heures à partir de 45 ans, soit 12 jours de 8 heures, répartis à raison d’un jour par mois ;
  • 192 heures à partir de 50 ans, soit 24 jours de 8 heures, à raison de 2 jours par mois ;
  • 288 heures à partir de 55 ans, soit 36 jours de 8 heures, à raison de 3 jours par mois.