« PLAN AUTISME » - Des réponses pour les personnes autistes et leur famille

Posté le 2 Avril 2015 dans Les Communiqués , Région Wallonne , Santé/Recherche


Maxime PREVOT, Ministre wallon de la Santé et de l’Action sociale a décidé, conformément à la Déclaration de Politique Régionale, d’élaborer « un Plan autisme ». L’objectif est de coordonner les actions de l’ensemble des secteurs liés à l’autisme afin que la prise en charge et les conditions de vie de toutes les personnes concernées (enfants, adultes, familles…) puissent être améliorées.


Le Ministre Maxime PREVOT entend faire pleinement usage des nouvelles perspectives qui lui sont données par la 6ème Réforme de l’Etat en entamant ce vaste et ambitieux projet qui verra l’implication de tous les niveaux de pouvoir dans l’élaboration de réponses à donner aux situations vécues par les personnes autistes et de leur famille.

Dix grandes balises autour desquelles ce « Plan autisme » va s’articuler ont d’ores-et-déjà été identifiées. Elles évolueront en fonction des concertations avec les acteurs concernés. Concrètement, des réunions avec les autres niveaux de pouvoir et leurs administrations respectives vont se tenir durant les 6 prochains mois afin de disposer d’un état des lieux des attentes et de ce qui est déjà réalisé. Dès l’automne, des rencontres avec les associations de parents et les professionnels dans leurs spécificités sectorielles seront également menées avant de concrétiser la mise en place de ce « Plan autisme » pour l’été 2016.

1. Un état des lieux du manque de solutions d’accueil et d’hébergement pour les personnes atteintes d’autisme ou de handicap de grande dépendance

Une identification réelle des besoins est indispensable avant toute programmation de nouvelles offres de services. Plusieurs priorités devront être rencontrées dont l’éducation, l’instruction, la thérapeutique et l’insertion sociale. C’est pourquoi il est impératif de concrétiser la mise en place d’une liste d’attente partagée entre administrations et services des secteurs du handicap et de la santé mentale.

2. Un travail sur l’annonce du handicap et le diagnostic

A l’initiative de parents, une plateforme « annonce du handicap » a été mise en place et deux centres de références, en plus des services de santé mentale, visent à assurer un diagnostic précoce de l’autisme en Wallonie. Ces projets ont démontré leur importance et méritent à présent d’être davantage soutenus.

3. Le soutien aux initiatives de répit

Des initiatives de répit ont vu le jour au cours de ces dernières années. Ces services doivent être évalués afin de renforcer les plus pertinents et de soutenir de nouveaux projets dans des zones géographiques où la demande n’est que très partiellement rencontrée.

4. L’accueil de la petite enfance et l’accompagnement tout au long de la vie

La fondation SUSA a développé un service de soutien à l’accueil de la petite enfance (dans les crèches et chez les accueillantes) et des services visant à accompagner les enfants et les parents dans leur projet de vie. Une analyse approfondie de cette expérience doit être envisagée afin d’examiner le caractère reproductible de cette initiative.

5. Le renforcement des protocoles de collaboration entre l’Awiph, l’ONE et l’Aide à la Jeunesse

Un élargissement des protocoles de collaboration entre ces différentes instances est indispensable. L’objectif est de trouver des solutions coordonnées et complémentaires à la prise en charge des jeunes autistes dont les difficultés se trouvent souvent au croisement de ces différents acteurs.

6. Les places d’accueil de jour et d’hébergement et les agréments nominatifs

Au sein de l’AWIPH, une cellule « cas prioritaires » aide les familles dans la recherche de solutions. Cette cellule soutient annuellement plus de 300 personnes en situations d’urgence dont plus d’un quart sont concernées par l’autisme. Elle peut recourir à l’agrément nominatif en cas de carence persistante de places. Une réflexion sur de nouveaux modes de subventionnement devrait également permettre de trouver des solutions plus adéquates aux besoins et aux demandes exprimées par les familles et mieux soutenir les projets des lieux d’accueil qui mettent en place des solutions de qualité pour les personnes les plus lourdement handicapées.

7. Accessibilité à un suivi et une prise en charge thérapeutiques

Les centres de réadaptations ambulatoires (CRA) et les centres de rééducation fonctionnelle qui bénéficient d’une convention avec l’INAMI assurent le suivi thérapeutique d’un certain nombre de personnes autistes. Ces services relèveront dorénavant des Régions. Il s’agira d’affiner la collaboration entre ce secteur de santé mentale et celui du handicap afin que les personnes autistes puissent bénéficier de l’aide adéquate selon leurs situations.

8. Le soutien à l’accueil de crise et aux petites unités spécialisées

Des cellules mobiles d’intervention existent dans les secteurs du handicap et de la santé mentale. Au-delà de les soutenir et de les renforcer, il faudra également prévoir la création d’unités spécialisées pour la prise en charge de profils complexes et des situations de crise.

9. Les formations et la sensibilisation

Des formations à l’attention des professionnels seront proposées afin de permettre à ceux-ci d’accueillir au mieux les personnes présentant de l’autisme et d’augmenter le nombre de services d’accueil. Des formations à l’attention des familles seront également proposées afin d’aider les parents à comprendre les comportements de leur enfant. Enfin, des actions de sensibilisation seront également menées à l’attention de publics ciblés (écoles, hôpitaux,…).

10. L’établissement d’un rapport sur les personnes à double diagnostic

Le Ministre Maxime PREVOT a confié divers missions à des parlementaires dont notamment une mission exploratoire destinée à approfondir la réflexion autour du double diagnostic (autisme et troubles psychiatriques). L’objectif est d’établir un rapport listant les perspectives et émettant des recommandations à l’attention du Ministre de la Santé et de l’Action sociale.  

Pour le Ministre Maxime PREVOT, ce « Plan autisme » est donc essentiel pour garantir une prise en charge de qualité des personnes autistes et de leur famille. C’est avec la collaboration de l’ensemble des acteurs concernés (les parents, les associations, les professionnels de tous les secteurs, les administrations, …) que la qualité de vie des personnes autistes pourra véritablement être améliorée.