Remplacement des F-16 Block 15 : d’autres pays ont opté pour une modernisation de pointe du matériel existant !

Posté le 25 Avril 2018 dans Les Communiqués , National , Sénat , Chambre


Georges DALLEMAGNE, député fédéral cdH, dénonce les propos de Lockheed Martin lors de leur audition en commission de la Défense mercredi dernier. En effet, la société américaine a affirmé que les F-16 Block 15, le modèle employé par l’armée belge, ne pouvaient être prolongés et ce, pour des raisons techniques.

Or, il apparaît que d’autres pays, disposant de ces mêmes avions, ont décidé de prolonger leur durée de vie. C’est le cas du Pakistan et de Taïwan. Ce pays explique qu’il s’agit de la plus grande opération de modernisation jamais effectuée sur des F-16 notamment en ce qui concerne les équipements sensibles tels que les radars de dernière génération les plus perfectionnés (radars ASEA à balayage électronique à antenne active, dont sont équipés les F-35). Cette modernisation ne sera terminée qu’en 2023, date à laquelle Taïwan continuera à utiliser ses F-16 pour de longues années. « Pourquoi ce qui est possible dans d’autres pays ne pourrait pas être envisagé chez nous ? L’ensemble des scénarios possibles doivent tous faire l’objet d’études sérieuses présentées au Parlement afin de pouvoir prendre la meilleure décision », ajoute le député humaniste.

Pour rappel, Lockheed Martin avait, à la demande de l’armée, réalisé deux études sur la possibilité de prolongation des F-16 belges. Ces études, qui ont par la suite été étouffées, avaient conclu que cette possibilité pouvait être envisagée. Lockheed Martin avait ensuite, en commission la semaine passée, opéré un rétropédalage spectaculaire en affirmant le contraire.

Pour Georges Dallemagne, ce nouvel élément démontre, s’il le fallait encore, que ce marché du siècle est biaisé depuis le départ. Le député humaniste demande une nouvelle fois que la procédure actuelle, viciée, soit arrêtée et relancée sur de nouvelles bases. S’il est impératif que la Belgique respecte ses engagements auprès de l’OTAN, ce qui n’est pas le cas actuellement, il est inacceptable que de telles décisions, qui impactent si lourdement le budget de l’État, ne se prennent qu’entre quelques officiers sur base d’informations parcellaires, tronquées voire truquées.

Par ailleurs, Georges Dallemagne continue d’insister pour les que les achats militaires se passent impérativement dans le cadre d’une autonomie stratégique européenne et d’une accélération de l’Europe de la Défense.