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Avenir de la Belgique : Charles-Ferdinand Nothomb plaide pour un nouveau pacte entre les Belges

Ancien ministre des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Fonction publique, vice-Premier ministre, président de la Chambre, sénateur, président du PSC, Charles-Ferdinand Nothomb a marqué durablement la vie politique belge. Dans un long entretien à La Libre paru ce 4 avril, il revient sur son parcours mais parle également de l’avenir de la Belgique et plaide pour un nouveau pacte entre les Belges.

Voici quelques extraits de cette dense interview menée par Francis Van de Woestyne que vous pouvez retrouver dans son entièreté en cliquant ici.

Que changeriez-vous au système actuel ?

Cela ne fonctionne pas très bien parce que pendant qu’on transformait la Belgique, on a réduit l’influence et la visibilité des parlements et même du gouvernement et on a renforcé le système des partis politiques qui ont leur propre logique. L’idée était positive. Il fallait les armer pour faire face à la complexité de la matière politique. Mais le mouvement a été excessif, cela se voit dans l’année qui vient de se passer. Les présidents sont à la tête de machines bureaucratiques peu mobiles. En cas de crise, on se tourne vers les présidents de partis qui peuvent dire oui ou non à l’autre et personne ne peut rien leur dire. Si cela se passait au parlement, les députés se parleraient et comprendraient les nuances dans chaque parti. Cela permettrait des consensus plus aisés. Ma vision est de renforcer les parlements, de réduire l’influence des partis. Revenons au parlement là où travaillent des personnes élues dans les différents coins du pays. Aujourd’hui, pour savoir ce que les élus pensent, il faut ouvrir la télévision, écouter la radio ou lire les journaux. On apprécie désormais la qualité d’un parlementaire à la qualité de l’interview qu’il donne. De plus, les gens ne comprennent plus le système : quand ils sont confrontés, par exemple, à des problèmes de mobilité, tel élu s’occupe des bus, un autre des trains… Voici mon utopie : il faut revenir en arrière, non pas sur la régionalisation des compétences mais il faut reproposer aux parlements régionaux, flamand et francophone, de faire partie du parlement national, par exemple par le Sénat. Il n’y a pas de légitimité autre que parlementaire. Il faut que les parlementaires se connaissent, se parlent.

Vous avez développé un plan de 30 ans pour la Belgique et plaidez pour un nouveau pacte entre les Belges…

La Belgique a toujours vécu grâce à des pactes : entre catholiques et libéraux au XIXe siècle, le pacte du suffrage universel, le pacte après la Question royale, le pacte scolaire, le Pacte d’Egmont, même s’il a échoué. Au lieu de discuter de la prochaine réforme de la Constitution qui va nécessairement tourner autour du transfert de compétences, il faut reprendre certains fondamentaux. Quels sont les problèmes ? Le linguistique n’est pas réglé. La Seconde Guerre mondiale polarise encore : les Flamands y pensent toujours. Il y a aussi l’économique et le budgétaire. Il faut aussi vider cette querelle car les Flamands ont toujours le sentiment de payer pour le sud du pays.

Quel serait le sens de ce nouveau pacte ?

Il faut réconcilier le pays avec son histoire. Nous devons résoudre les problèmes psychologiques qui nous divisent, et beaucoup sont historiques. Refaisons un pacte au parlement où l’on parlerait non pas du poste 27 du budget mais de ceci : pourquoi sommes-nous encore fâchés ? Et il faut discuter avec tout le monde, avec la N-VA mais aussi le Vlaams Belang. Si on admet les communistes, il faut admettre le Belang.