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Déclaration de Maxime Prévot - Validée à l’unanimité du Bureau politique du cdH

Le scrutin du 26 mai dernier a été un revers électoral sérieux pour le cdH. 

Malgré notre travail constant, cohérent et acharné au sein des Exécutifs dans lesquels nous fûmes investis, les électeurs nous ont adressés un signal très clair le 26 mai dernier. Un signal de sanction. Un signal qui dit que les Bruxellois et les Wallons ne sont pas demandeurs dans une proportion forte que le cdH continue d’assumer des responsabilités.

Notre message positif, notre projet équilibré, notre opposition constructive au fédéral, nos valeurs de solidarité et de responsabilité n’ont pas suffi à convaincre.

Avant une élection, quand on nous demande quelles sont nos alliances privilégiées, les partis répondent toujours qu’il faudra tenir compte du signal des électeurs. Plus que jamais, le cdH a la conviction, après en avoir débattu sereinement, que nous devons nous-mêmes, démocratiquement, entendre et accepter ce signal des électeurs.

Si nous restons convaincus qu’il apporterait une véritable plus-value dans la gestion des affaires de l’Etat, nous devons désormais constater que notre poids politique ne nous permettra plus aujourd’hui de peser de manière significative dans les décisions des gouvernements. Nous servirions d’alibi ou de caution pour un projet sur lequel nous ne pèserions pas suffisamment. La pertinence de notre action est plus importante que la tentation des postes ministériels. Nous n’aurions pas, à défaut, la défaite digne, car le signal des électeurs serait méprisé au seul bénéfice de notre sauvetage. Or nos idées et valeurs sont plus grandes que cela.

Cette conviction de la nécessité d’œuvrer à l’amélioration de la vie de tous les Belges depuis les bancs de l’opposition, s’est vue renforcée ces derniers jours. Au terme d’une analyse à froid, plutôt que dans la foulée du choc du lendemain du scrutin. Nous n’avons pas voulu précipiter notre décision car l’émotion est souvent mauvaise conseillère. Nous avons pris le temps de la réflexion et de l’écoute. Nous avons répondu présents aux invitations qui nous ont été adressées ces derniers jours par le PS et les Informateurs royaux. La cordialité des échanges n’aura pas affecté notre conviction que le verdict des électeurs doit être entendu.

Toutefois, nous resterons, même depuis les bancs de l’opposition, des créateurs de solutions. Une saine démocratie a besoin aussi d’une opposition forte pour progresser. Avec tous nos militants, nos électeurs, nos nombreux mandataires (qui nous ont ancré en octobre dernier comme troisième force politique francophone au niveau des élus locaux), nous resterons plus que jamais mobilisés pour faire gagner nos causes : celles de la lutte contre la pauvreté, de l’éducation, de l’égalité des chances, de l’assurance-autonomie, du handicap, de la société inclusive, du soutien aux indépendants et à la classe moyenne. Celles de la justice, de la santé et de la qualité de vie.

En avril dernier, j’appelais les partis à s’engager pour les causes du climat, de la mobilité ou encore de la transition énergétique, que les partis soient dans la majorité ou dans l’opposition au lendemain du scrutin. Ces enjeux requièrent que nous transcendions nos clivages partisans. Nous nous appliquerons évidemment la même logique constructive à nous-mêmes, à chaque fois que les enjeux majeurs pour le bien-être de notre population et la paix communautaire le nécessiteront.

Les électeurs ont souhaité donner la main à d’autres partis. C’est donc à eux, démocratiquement, qu’il revient de nouer les compromis utiles à la constitution des futurs Exécutifs.

L’heure est donc venue pour nous, après ce revers électoral, de nous réinventer. Avec lucidité et détermination.De questionner notre projet, sa pertinence par rapport aux questions contemporaines, aux aspirations des citoyens. Ce travail de refondation interne et de refonte doctrinale radicale va devoir s’effectuer à présent, en associant un maximum de générations et de regards extérieurs. Nous mènerons ce travail avec l’enthousiasme et la passion qui nous ont toujours caractérisés, car nous en sommes convaincus, l’hiver se transforme toujours en printemps. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le cdH !

Maxime Prévot