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INTERVIEW : Charles Comijn, kinésithérapeute et ostéopathe à Verlaine

Tout d’abord, nous avons été priés de fermer à partir du moment où le confinement a été décidé.

Axxon (syndicat représentatif des kinés) nous a demandé de garder les urgences en soin.

Malheureusement, la notion « d’urgence » a été très vague. Ainsi, elle était décrite comme ceci : « Il faudra garder la continuité des soins chez le patient pour qui, l’arrêt des soins prodigués pourra entraîner une altération majeure de la santé ». Il faut le reconnaître que c’est plutôt rare chez les kinésithérapeutes. Dès lors, la plupart d’entre nous se sont tenus à soigner les patients atteints de pathologies respiratoires.

Pour résumer, nous n’avions aucune mesure du Fédéral et nous nous sommes appuyés sur notre bon sens. Je ne suis pas fâché sur le gouvernement, je sais qu’il fait ce qu'il peut.

Cependant, je ne trouve pas cela normal de ne pas être prioritaires pour les masques et gants alors que j’estime que les kinés font partie du personnel de 1ère ligne. Heureusement, des initiatives citoyennes ou les services clubs permettent de pallier certains manques.

En ostéopathie, il était également vivement conseillé de reporter au maximum les séances et de fermer carrément le cabinet à l’exception de soins prodigués chez les personnes de première ligne (personnel infirmier, pompier...) à condition de réaliser une anamnèse téléphonique pointilleuse afin d’éviter toute contamination.

Il faut mettre en avant les mesures précoces prises par la Région wallonne et le Fédéral afin de constituer le droit « passerelle ». Je pense que de telles mesures ont favorisé l’arrêt de 90 % des cabinets et ainsi diminué l’impact de la propagation du virus.

Malheureusement en tant que personnel de la santé, j’estime que nous avons été complètement oubliés quant à la répartition des masques/gants et blouses.

A ce propos, Axxon n’a rien entrepris au niveau du Fédéral/des Régions afin de constituer une réserve de masques à distribuer (contrairement à la France).

C’est ainsi, par exemple, que nous nous retrouvons sur une liste d’attente comme un citoyen non référencé dans les soins de santé afin de nous procurer des masques et des gants alors qu’il nous est demandé de rester à disposition des patients déclarés comme « urgents » (pathologies respiratoires).

En résumé, aucune aide matérielle n’a été proposée à l’exception du bon vouloir des communes.

Ce qui pourrait poser problème lors d’une reprise totale à partir du 4 mai.

Néanmoins, à l’instar d’Axxon, l’Union Belge des Ostéopathes (UBO) s’est démenée afin d’obtenir des lots de masques à un prix plus que démocratique.

Depuis les mesures de prolongation du 19 avril, il apparaît clairement que le manque de communication du Fédéral concernant notre profession tend vers un glissement d’un certain « shopping médical » : certains confrères ont rouvert leur cabinet, d’autres pas, ce qui pourrait inciter les patients à « quelques infidélités ».

Là, encore, je peux pointer du doigt, un manque certain de mesures et de lignes de conduite.

Néanmoins, je pense que les patients sont lotis de bon sens et limitent encore au maximum leurs déplacements.

Quant à mes confrères, la plupart restent encore fermés jusqu’au 3 mai.

Pour ma part, je me limite aux pathologies aiguës (lumbago notamment).

Ensuite, à partir du 4 mai, je pense que nous pourrons rouvrir progressivement les cabinets moyennant toutes les précautions possibles (masques/gants/désinfection et nettoyage des surfaces).

Il serait plus que temps et judicieux de bénéficier au plus vite des tests sérologiques, afin de ne pas contaminer notre entourage et/ou les patients en sachant que nous passons en moyenne, 30 minutes avec chaque patient.

Il faudra juste espérer que les autorités pensent à élargir la réserve de matériel hygiénique mis à la disposition des professionnels de santé, idéalement distribuer un ratio de masques et de gants par prestataire.