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Lutte contre la précarité des femmes - Alda Greoli lance le 1er site et « email vert » Familles monoparentales, ainsi que le 1er réseau d’expert·e·s en la matière

Ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, Alda GREOLI, Ministre wallonne de l’Action sociale, lance le Portail « Seul·e avec enfant·s », le 1er site spécialisé sur le sujet (www.seulavecenfant.wallonie.be 
ou actionsociale.wallonie.be/seulavecenfant), ainsi qu’un email « vert », soit une adresse de contact fmp.actionsociale@spw.wallonie.be pour répondre à toutes les questions utiles. Et ce, grâce à la constitution du 1er réseau de personnes de référence « Familles mono » dans l’ensemble des administrations wallonne, francophone et fédérale avec le concours de l’asbl Droits quotidiens et Notaire.be.

Garantir l’accès aux droits et aux aides spécifiques constitue une des manières les plus efficaces de prévenir la précarité d’un grand nombre de familles.

Alda Gréoli

Il s’agit de la concrétisation d’une des recommandations du Screening juridique sur les familles monoparentales, réalisée par l’Université de Namur, dans le cadre du 1er Plan wallon de gender mainstreaming (intégration de la dimension de genre dans les politiques), dont le rapport final est en cours d’examen au Parlement wallon.

Selon l’étude namuroise, les 190.527 familles monoparentales répertoriées en Wallonie constituent 12,20 % de l’ensemble des ménages wallons. Si l’on tient compte des gardes alternées, cette proportion peut alors atteindre de 25 à 30 % des ménages.

La dimension de genre est importante : les mères seules avec un ou plusieurs enfants sont plus nombreuses que les pères. Les ménages monoparentaux masculins constituent, en Wallonie, 1,9 % du total des ménages ; les ménages monoparentaux féminins, 9,7 %. Les foyers monoparentaux féminins ont en outre un risque accru de précarité. Ainsi, une mère « monoparentale » sur deux vit dans un logement à l’état « moyen voire très mauvais », pour 44 % des pères « monoparentaux ». En ce qui concerne l’emploi, seuls 40 % des femmes seules avec deux enfants en ont un pour… 69 % des hommes dans la même situation.

Le Screening juridique avait, pour rappel, fait apparaître que le législateur avait souvent pensé à des aménagements pour les familles monoparentales et qu’il n’y avait pas de discriminations à leur égard, (sauf rares exceptions), mais que l’accès aux droits et aux aides prévues restait difficile, souvent par ignorance.

En pratique, le Portail, qui a mobilisé un comité d’accompagnement très actif dont le réseau wallon de lutte contre la pauvreté, contient des informations précises concernant, par exemple, le droit aux contributions alimentaires (beaucoup de femmes ignorent qu’elles y ont droit en cas de gardes alternées), de réductions du précompte immobilier (possibles même quand on est locataire), de droit à un « double congé » pour assistance médicale, etc.

Le lancement officiel du Portail clôture une phase de test et de première sensibilisation initiée le 11 février dernier : au cours d’une après-midi d’études, le SPW Action sociale, les chercheuses de l’Université de Namur et la Ligue des familles ont présenté le site et sensibilisé une centaine d’acteurs et actrices de 1ère ligne (CPAS, Plannings familiaux, Espaces numériques, Communes, etc.), aux Moulins de Beez. La campagne de sensibilisation a déjà touché 1.400 opérateurs, services et administrations (communes, CPAS, ONE, centres de services sociaux, centres de planning, épiceries et restaurants sociaux, maisons médicales, centres PMS, etc.),  grâce à l’envoi de 4.000 affiches et plus de 30.000 flyers.  Une seconde phase de sensibilisation devra suivre et l’objectif est de toucher quelque 8.500 intermédiaires de l’action sociale, de la santé et des pouvoirs locaux, avec la diffusion de 100.000 affiches et flyers, etc.

Une version du Portail sera bientôt accessible sur Smartphone, ainsi qu’une plateforme d’entraide « peer to peer » entre parents « mono », grâce à l’implication de la Ligue des familles.

Enfin, pour lutter contre la fracture numérique, une formation de personnes relais au sein des CPAS  devrait leur permettre de se familiariser avec les différents outils et de répondre aux difficultés des familles monoparentales. Cette formation pourra être donnée ultérieurement dans les Centres de service social, à la demande de leurs Fédération et mutuelles.

Pour rappel, selon le Screening de l’UNamur, les familles monoparentales wallonnes ont, au sein de la population,  le taux de risque le plus élevé de pauvreté (54,6 %), de difficultés à payer le logement (65 %), de renoncement aux soins de santé (44,3 %), etc.

Pour Alda GREOLI, « garantir l’accès aux droits et aux aides spécifiques constitue une des manières les plus efficaces de prévenir la précarité d’un grand nombre de familles. C’est encore plus vrai pour les plus vulnérables d’entre elles, à savoir celles à la tête desquelles se trouve une femme seule. En outre, l’approche humaine qui complète le recours au Portail et à l’email de contact devrait répondre au désarroi des familles qui se sentent souvent renvoyées d’un service à l’autre ou qui éprouvent des difficultés d’horaire et de mobilité ».