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Changer de stratégie pour rebondir 

Ce titre de mon édito a une double vocation : s’appliquer à l’interne du parti comme à la crise sanitaire. 

Notre formation politique connaît une période délicate, qui nous amène à devoir mobiliser un grand nombre de forces et d’énergie pour sa remise en orbite, avec la plus large participation citoyenne possible pour que cet exercice de renouveau politique soit le plus largement partagé. 

Paradoxalement, en même temps, la curiosité des citoyens pour les initiatives des partis, quels qu’ils soient, n’a jamais été aussi mince, dès lors que la quasi-totalité des préoccupations quotidiennes des gens tourne autour des questions du virus et de ses implications journalières sur l’école, sur le décrochage des ados, sur le non isolement des aînés, sur la vaccination, sur la crainte pour son emploi ou son entreprise, sur l’absence cruelle de contacts avec les amis ou la famille, sur le besoin de respirer, de retrouver nos libertés. 

Dans ce contexte, il n’est pas simple de faire une petite place pour Il fera beau demain. Et pourtant, nous y arrivons. Des milliers de personnes se sont impliquées dans le processus depuis le début, d’autres nous manifestent leur intérêt pour cette démarche inédite dans le paysage politique belge. 

J’entends que plusieurs militants sont déboussolés. Après tout, on sait ce que l’on ne sera plus, sans encore savoir ce que l’on sera. Cette période d’incertitude est pesante pour beaucoup qui voudraient que l’on accélère le rythme. Certes. En temps normal, tout aurait été finalisé en début de cette année 2021. Mais nous ne sommes pas « en temps normal ». Accélérer le tempo pour rassurer les militants dubitatifs, c’est faire échouer la démarche d’ouverture citoyenne qui est l’ADN du processus Il fera beau demain. C’est alors juste opérer un ravalement de façade, à coup de marketing vite fait bien fait, sans avoir pris le risque de confronter nos idées aux citoyens. Et ce rendez-vous incontournable, il doit se faire à l’occasion de contacts en présentiel. En porte-à-porte. En réunions dans des salles de quartier ou de village. Pour éviter de rester uniquement au niveau virtuel et peut-être trop intellectuel des plateformes internet. 

Le futur mouvement positif que nous construisons doit être irrigué par une ligne de valeurs claire, mais aussi des vécus que seul le contact de terrain peut apporter. Acceptons donc d’être patients et participatifs plutôt que plaintifs pour permettre au parti d’opérer ce rebond tant attendu. On ne réussira ce pari qu’avec de l’enthousiasme et de la volonté. C’est ainsi que les obstacles seront surmontés. 

En matière sanitaire aussi, la stratégie doit être revue. Le cdH le clame et le réclame depuis des mois à la lumière des ratés de terrain. Aujourd’hui les gens sont épuisés, les mesures sont de moins en moins respectées car leur cohérence est – à raison souvent – remise en doute. Y compris par les partenaires du Gouvernement eux-mêmes ! Comment attendre alors des citoyens qu’ils se disciplinent ? 

La stratégie de l’enfermement choisie par le Comité de concertation montre ses limites. Les hôpitaux (psychiatriques) craquent de partout. Les problèmes de santé mentale et de décrochage (scolaire et social) seront l’indubitable quatrième vague. Il est temps de redonner de la respiration aux gens et aux secteurs. Comme le préconisent d’éminents experts, développons une approche « covid-safe » par établissement plutôt que par secteur. Un peu comme l’on demande aux pompiers de s’assurer qu’un établissement est conforme aux normes incendie. Ceux qui consentent les efforts de protection et de purification de l’air nécessaires pourraient alors reprendre leurs activités. 

Une approche globalisée a montré toutes ses limites. Et si on se donnait la peine à présent d’être pragmatique ? 

Maxime Prévot
Président du cdH